Deux lundi de suite avec deux montées à Paris pour déguster des whiskies, des whiskies et encore des whiskies, et quelques rhums…

peu de grandes découvertes, mais quelques belles surprises. Voici mes notes de dégustation :

Lundi 29 Whisky Live au Palais de la Mutualité :

CompassBox
*Great King Glasgow Blend. très intéressant et très beau rapport qualité/prix. Tourbe très fine très gourmand. Une belle découverte. Surement prochainement au Caveau de Bacchus
*Juveniles. Très clynelish, trop cher.

Berry Bros
*Invergordon 1988. Très rond, presque sirupeux
*Caperdonish 1992, malt, herbes, trop doux. moyen
*Imperial 1998, floral réglisse
*Clynelish 1997. Très grande finesse. +++
*Littlemill 1990.le plus beau de toute la gamme. Une bombe de fruit
*Blue Hanger 9th release. Très rond, doux, épices. classique pour un Blue Hanger

Taketsuru
La grande déception de la journée, voire la révolte de la journée
*D’abord les classiques 17 ans et 21 ans. Le 21 est vraiment très bon. à la fois toasté et cendré.
*21 ans non-chillfiltered+21 madeira+21 port wood. Les trois nouvelles versions sont sans grand intérêt. rapport prix/plaisir désastreux. Simple opération marketing
*Rita 30 ans Apple brandy. L’escroquerie du Live. 250€ pour un alcool de pomme sans vigueur. Je préfère acheter un Groult Age d’Or à 90€. Cent fois meilleur.

Ensuite direction les micro distilleries américaines.

Dry Fly
distillerie de l’Etat de Washington
*Triticale à 44°. Triticale est un hybride blé/seigle. fin surprenant
*Broubon 101 à 50.5°. De loin le plus intéressant de la gamme. Rond, doux, très équilibré.
*Wheat à 60°. trop alcooleux. trop puissant. cire camphre. déséquilibré
*Wheat Port wood finish (en fait fût de vin californien équivalent porto). sucré à fond. nul.

Dad’s Hat
Distillerie de Pennsylvanie
Que du NewSpirit (2 ans max) mais dnas des fûts très marqué. A des années lumière de la Distillerie des hautes Glaces en termes de finesse et d’élégance.
*Rye. 45°. doux, seigle frais. correct
*Rye Vermouth Finish 47°. La bouteille la plus surprenante de la journée. le vermouth apporte de la profondeur au produit. les notes herbacées viennent déranger la douceur du rye et apporte une vraie fraicheur mentholée.
*Rye Port wood finish (même type de port wood que pour Dry Fly). tannique à fond, déséquilibré.

Ransom
distillerie en Oregon
*Henry DuYore’s Straight Bourbon Whiskey. 45°. très intéressant. belle matière rond, gourmand. A revoir absolument.
*WhipperSnapper – Oregon Spirit Whiskey. 2 ans de barrique neuve. moyen

Ensuite long grappillage de ci de là, Ardbeg, Connemara (grande déception par rapport à mes souvenirs), Benriach, Redbreast, Tormore, et j’en oublie…

Détour par la salle VIP.
*Ben Nevis 17 ans Liquid Sun 52.5°. parce que j’adore les Ben Nevis. Je retourve tout de suite cette trame orange amère qui me séduit tant dans cette distillerie. Mais là tout est déséquilibré par un mur d’alcool trop dur, trop imposant. Dommage.
*Glendronach 1993 – 21 ans. typique de ces embouteillages, sherry poudreux hyper dense. limite écoeurant. Et déséquilibré pour celui-là. décevant.
*Samaroli Glentauchers 1996
*Samaroli Glenfarclas 1997. tous deux dilués à 45° comme c’est la marque de fabrique de Samaroli. trop doux pour ces deux là, Glenfaclas totalement mat et sans refief. plus de peps pour le Glentauchers.
*Glen Keith 1993 Closed Distilleries. Superbe. une bombe de fuits. grande fraicheur. A retenir.

Déplacement vers le sous-sol pour les rhums.

Clairins
*Sajous + Vaval + Casimir. Ce Clairin Casimir, c’est vraiment génial. Un nez tout en truffe, humus, presque astringent, mais quel fruit derrière ! un bonmbon à savourer sur la longueur. Le Sajous est plus age et plus herbacé et le Vaval trop tannique, trop asséchant. Quel bonheur ce Casimir !
*RhumRhum Libération 2012 45° et 59.8°. se limiter au premier. sec, concentré, épicé et équilibré.

Velier
*Diamond 1999. charnu, épicé. j’aime bien
*Uitvlugt 1997. Alors là j’adore. Un nez fermé, hydrocarbures, goudron. une bouche dense, droite, puissante et derrière un beau fruit.
Les deux nouveautés de Velier, des assemblages d’alambics :
*Enmore+Port Mourant 1998. Assemblage avant mise en fûts. belle matière rond, équilibré.
*Diamond+Port Mourant 1995. totalement déséquilibré par l’alcool. raté. à éviter.


 

Lundi 6 octobre au Salon Dugas au Musée des Arts Forains

Bruichladdich
Très gentiment accueilli par Donald, comme d’hab
Mais désolé Donald, je n’ai pas du tout marché dans le discours terroiriste de Bruichladdich pour son approvisionnement en céréales.
la mise en gamme de trois séries de trois niveaux différents avec d’une part une série très limité d’Islay Barley et de l’autre plus répandue de Scottish Barley me semble répondre plus de la démarche marketing que d’un véritable progrès qualitatif. Je ne nie pas la possibilité de l’honnêteté de la démarche de base de Bruichladdich, je n’ai tout simplement pas adhéré.

Nous avons donc le Classic Laddie Scottish Barley accompagné du Islay Barley Rockside Farm, puis au niveau au dessus le Port Charlotte Scottish Barley accompagné du Port Charlotte Islay Barley. et encore au dessus l’Octomore Scottish Barley -bouteilles noire) à 57° accompagné de son Octomore Islay barley (bouteille jaune) à 64°.

Je mets Octomore à part très classiques dans la série Octomore. Les autres… comment dire…
Bruichladdich a totalement perdu ses aspects ronds et gourmands. Plus d’onctuosité, plus d’épices douces; Des whiskies austères, rugueux, creux.

Je ne comprends plus. L’adaptation d’un discours terroiriste faisant directement référence au vin me semble une simple construction de l’esprit masquant un changement de fond dans les techniques de distillation et de maturation et surtout la perte des mentions d’âge. Donald m’a même dit que les mentions d’âge ne signifiaient (plus?) rien pour Bruichladdich…

Chieftain’s
*Glenrothes 1999 13 ans 46° Oloroso sherry butt . léger, trop caramélisé en finale.
*Macduff 2002 10 ans 46°Oloroso sherry butt. léger, vanille, céréale.
*Arran 1997 15 ans 46° refill sherry fino butt. Léger, herbacé. Rapport qualité prix déséquilibré (autour de 115€ prix public)
*Glen Keith 16 ans barolo finish.Très beau fruit. Finition barolo légère qui apporte une pointe de sucrosité. Bel équilibre. le plus beau des chieftains proposés en dégustation.
*Caol Ila 12 ans Hogshead. classique, dense. goudron. pas mal du tout.

Glengyle
*Kilkerran Work in progress #2. un 6 ans maturation 40%sherry 60%bourbon. Très bon. équilibré. Doux, céréale.
*Kilkerran WiP #6. Deux versions pour cette 6e version. Une maturation bourbon et l’autre sherry. Auparavant tous les WiP étaient issus d’une double maturation. Pas convaincu par ces deux versions.

Cadenhead’s
*Aberfeldy 17 ans 46°. Sans moi. Un nez totalement bouffé par de la levure de boulanger. rédhibitoire.
*Glen Spey 17 ans 46°. De nouveau un glen Spey. Pas au niveau du Spey 83 de Archives, mais très intéressant tout de même. Grande finesse, beau fruit.
*Arran 19 ans 46°. Je sais que je suis près des usines Haribo (à Uzès), mais quand même je ne m’attendais pas à en trouver dans cet Arran. Celui de Chieftains était bien meilleurs.
*Allt-A-Bhainne 1992 21 ans 54°. Très ouvert, très léger en matière, herbacé. Se termine sur un côté salin (caramel beurre salé). Très intéressant.
*Bladnoch 21 ans 54.9°. Beau volume. très herbacé. assez classique de la distillerie.
*Littlemill 1992 54.7°. Le bonheur de la journée. immense fruit fruits exotiques, longueur, équilibre. annoncé à 18 bouteilles pour la France !
*Balmenach 1999 48.6°. Dense cireux; Faudra y regoûter.
*Strathmill 1992 50.4°. nez alcooleux, bouche grasse. bof
*Ben nevis 1992 53.5°. superbe. orange amère classique. gourmand, dens. l’autre belle bouteille de la série.
*Bowmore 13 ans 46°. Mais pourquoi le gars de Cadenheads nous fait gouter ce bowmore à 46° après toute la série en brut de fût ? débile. il devient terne, mou… impossible de se faire un vrai avis.

Dun Bheagan
Seulement trois single malt en dégustation alors que la gamme disponible en comporte une quinzaine…
Mais qui est cet abruti qui nous faisait déguster ?
Il a d’abord soutenu mordicus que tous les blends étaient fabriqués à 85% de grain et 15% de malt… tous… sans exception… 😯
et ensuite … le désastre… 3 whiskies, le premier à 43°, le deuxième à 58.6° et le troisième à 43° ! et que pensez vous qu’il est advenu du 3e ???
*le premier Glenrothes 15 ans finition sherry fino 43°. totalement détruit pas la finition fino. du beurre, des fruits secs, plus de whisky.
*Ardmore 12 ans finition rhum HSE 58.6°. tourbe très légère. un peu trop supplantée par la sucrosité apportée par le rhum. Mais au final plutôt plaisant. Heureusement que les degrés sont là car réduit à 46° ça ne le faisait pas du tout.
*et le troisième… Isle of Jura 15 ans Hogshead 43°. Déjà que je n’aime pas les jura habituellement… totalement terne…devinez pourquoi ?

Glengoyne
*10 ans 40°. malté, équilibré, frais
*12 ans 40°. plus épicé, même trame céréale.
*15 ans 43°. plus complexe. céréale. vanille.
*18 ans 43°. manque d’équilibre. alcool trop sur le devant. derrière ce mur à franchir, des épices, des tannins (sherry en fin de bouche)
*21 ans 40°. Oloroso sherry. a l’équilibre qui manque au 18 ans. Dommage que cela soit si cher. (plus de 150 euros)
*Cask Strenght#2 58.9° puissant. épicé
*Cask Strenght #3 58.2°. plus équilibré, gourmand, plus ouvert.

Teeling
*Blend. finition rum (6 mois); léger de texture, gourmand. agréable.
*Single grain; 100% maïs. très rond, agréable.
*Single malt. (cooley) Levure au nez. dérangeant. bouche ample, gourmande. finale sur l’orange.
Une gamme cohérente. de beaux whiskies irlandais.

Laisser une réponse

La vente d'alcool est interdite aux mineurs !