Lundi 25 avril, deux salons de spiritueux concurrents avaient lieu en même temps à Marseille. J’y étais bien sûr. D’une part la version provinciale du Whisky Live organisé par La Maison du Whisky à l’hotel Intercontinental et de l’autre la première édition d’un salon présentant les produits distribués par un nouveau venu parmi les distributeurs de spiritueux, DIVA.

Commençons par le commencement, LMDW.

Salon plutôt décevant, où on trouvait les habituels produits de LMDW. Je me suis limité aux nouveautés. Et là j’ai goûté quelque chose de totalement exceptionnel : la nouvelle gamme Habitation Velier. Des rhums « haute couture ». Ca ne sera pas donné quand ils sortiront, mais je suis intimement persuadé que cela vaudra la peine de les acquérir. Pour le reste, à par voir d’anciens collègues, peu de choses. Côté japonais les nouveaux single malt NAS étaient de sortie pour une relative déception gustative. Un regret général, le manque de transparence et de précision technique de la part des commerciaux se trouvant derrière les stands dès lors que les questions se faisaient plus précises (ce fut général excepté sur deux stands : Velier et DHG).

Ensuite direction l’autre côté du Vieux-port vers les Arcenaultx pour le salon DIVA et associés. Avec beaucoup plus de découvertes à faire. Mais peut-être aussi parce que la gamme est plus récente…

 

Notes de dégustation

Nikka

Impossible d’avoir de vraies infos sur ces produits. Le gars derrière la table aurait vendu des chaussures c’était la même chose.

*The Nikka 12 ans. Blend. 43°. Très rond, gourmand, caramel beurre salé. Pas si mal, mais est-ce que ça vaut 99€… non.

*Miyagikyo single malt NAS. 45°. Mélange de fût avec bonne proportion de fûts de xérès. Nez dense et un peu fermé. Boisé, épicé.

*Yoichi single malt NAS 45°. Nez plus frais et plus tendu que celui de son compère. La bouche est concentrée. La finale assez aérienne avec une pointe de camphre et de réglisse. Bien supérieur au Miyagikyo.

 

Maverick Drinks. That Boutique-Y whisky compagny

Je ne comprends pas, ils en sont toujours à proposer à la dégustation du All-a-Bhainne batch 1 d’il y a presque deux ans !… à croire que LMDW n’arrive pas à écouler le stock… pourtant, qu’est-ce que c’est intéressant comme whisky, avec ses notes atypiques tirant vers la chartreuse.

*Aultmore batch#5. Exotique. Très proche des batchs précédents.

*Glen Moray 49.5°. Doux, épicé, élégant. comment se fait-il que les IB de cette distillerie soient autant quelconque…

*Inchmurrin 54.7°. Bacht #1. Quelle claque ! Gros sherry. Gingembre confit. Puissant. Une bouche où on se perd tant la complexité est impressionnante avec un aspect animal très marqué : lard fumé, viandox. Texture très onctueuse.

 

Stand VIP.

Quel scandale. Alors qu’au Live parisien on a le doit de tout goûter, là on avait le droit qu’à une seule et unique dégustation. Fort de mon historique avec LMDW j’ai quand même réussit à goûter plusieurs choses.

*Nectar of daily dram. Nouvelle série pour les 10 ans de la marque avec nouveaux habillages.

J’ai goûté l’Irish XO à 51.7°. Très rond s’ouvre sur un super fruit, très ouvert poire pêche. Très juteux. Autant je n’avais pas accroché sur les Irish du Live parisien autant là j’adore. Un beau busmills de fruit.

*Highland Park 1990 SV Cask Strenght. Rond, manque de tension. La trame de bruyère est là mais la puissance aromatique est absente.

*Springbank RBTWC 1990. 48.9°. Dense, rond, épices douces. Manque un poil de rusticité. Trop lisse.

 

Douglas Laing.

A la découverte de leur dernière création en blended malt. The Epicurian, censé représenter les Lowlands. Frais, herbacé, menthol en finale. Pas aussi typé que les autres bouteilles de la gamme. A éviter.

 

Distillerie des Hautes Glaces.

Où qu’ils soient, je vais goûter car j’adore leur histoire, leurs créations, leur style.

*Les Moissons nouvelle version. Vraiment on sent une progression. Le style herbacé de leurs précédentes versions reste présent mais juste en trame. Le nouveau whisky devient un vrai whisky avec une rondeur prédominante

*Flavis 46°. Elevage en fût de vin jaune. Puissant, cacaoté. Onctueux. Crémeux. Céréalier. J’adore. J’en ai réservé 3 bouteilles sur une production totale d’un peu plus de 200 bouteilles.

 

Passons au plat de résistance. Velier.

Clairins. Nouveaux Batchs. (millésimes 2015).

*Vaval. Décevant. Frais, rond, simple voire simpliste. A perdu son caractère rustique qui faisait sa particularité au profit d’un style trop sage pour servir d’entrée de gamme.

*Casimir. Définitivement ce n’est plus le même. Les Batchs 1&2 avaient un nez fabuleux, un nez tertiaire d’humus et de truffe. Il n’est plus là. Bouche fraiche de banane verte. Une finale épicée.

*Sajous. C’est donc lui qui a récupéré le nez de Casimir. La bouche est tendre onctueuse, florale. A privilégier donc maintenant.

 

Habitation Velier.

* Muller LL IV/3177 white. 59°. Un rhum de Marie-Galante pour ne pas dire Bielle. Fin doux, gourmand, floral, poivre blanc. Finale concentrée. Pétrole.

* Forsyths WP 502, white. 57°. Fruit frais, très floral, exotique, sucre candie, rond. Finale plus pointue sur la banane cuite

*Forsyths WP 2005. 57.8°. Caramel mou, beurre. Bouche un peu pâteuse, vanille, caramel frais.

*Port Mourant White 59°. Nez dense, concentré, peu expressif. Bouche très ronde, onctueuse. Pointe herbacée. Très discret ou très fin ? je suis sceptique. A regoûter.

*Forsyths WP 151. 75.5°. Nez exubérant, floral, fruité. Bouche avec une attaque toute en douceur. Rond, banane verte. Notes cacaotées à la dilution.

Dans toute cette série, pourtant à très forts degrés, j’ai été emporté par la qualité des alcools. Un équilibre incroyable qui fait oublier la force des degrés. Incroyable.

*Caroni 17 ans. 55°. Epices douces, tout en rondeur. Pas trop de volume. Fruits cuits. Tannique.

J’ai eu le sentiment que ce Caroni était terne. Mais je pense que c’était du à une dégustation après les HV et à la fois leur exubérance et leur force alcoolique.

Direction Les Arcenaulx pour le salon Diva et associés. Je me rince la bouche avec les champagnes Pascal Doquet. Quelle tension, quelle classe. Et hop j’attaque les spiritueux.

 

Je commence par R&B Distillers qui en attendant la mise la construction de leurs deux (?!!) distilleries met en bouteille deux whiskies de négoces qui se veulent préfigurer leurs futurs distillats.

*Borders, un single Grain des lowlands. 50%orge maltée 50 % wheat. 51,7°. gourmand, frais, très céréale (douceur), vanille

*Raasay 46°. un signle malt faiblement tourbé. Frais, fruité, juteux. L’alcool est un peu asséchant. La tourbe est bien présente mais plutôt aérienne, un peu mentholée.

 

Hunter Laing présent avec Old Malt Cask et Douglas of Drumlanrig.

Je n’ai goûté que 2 bouteilles de la deuxième série.

*Glen Spey 9 ans 46°. beau fruit, fruits blancs. Des notes cireuses.

*Auchroisk 12 ans 46°. fruits compotés. Finale tendue.

Pas inoubliables. Mais bien foutus.

 

Quiet Man. Un irlandais de négoce, lui aussi en attente de la construction de sa distillerie à Derry.

*Blend. 40°. Voilà un irlandais très classique. Dans la lignée d’un black bush. Rond doux élégant. Avec une belle fraicheur finale.

 

Et maintenant direction la Compagnie des Indes.

Décidément les rhums auront été les sommets des deux salons.

*Tricorne. 43°. Composé à part égale de rhum de mélasse et de rhum agricole, plus 5% de rhum fermeté avec du riz rouge d’origine indonésienne. Frais herbacé, canne fraiche. Très parfumé. Joli.

*Fidji 10 ans. Tendre fin, boisé.

*Ste Lucie 13 ans. Compoté, puissant au nez. Bouche dense, épicée, poivre. Fruits cuits.

* Martinique 13 ans Dillon. Fin et élégant.

*Haiti  11 ans. 43°. Terreux, puissant, dense. J’adore. Ça me rappelle clairement le clairin Casimir premières versions. En version ambrée.

*Panama 11 ans. Sucre ajouté en court d’élevage (17gr/litre). Un peu sur le sucre. Mais garde une belle fraicheur. Fin.

Et puis toute une série de bouteilles non encore étiquetées. Mises sur le marché prochainement.

*Brésil 12 ans. 43°. Très subtile, frais. Léger.

*Dominidad. 53°. Premier assemblage de ce genre à la Cie des Indes. 1/3 rép dominicaine + 2/3 de Trinidad. Pétroleux. Epicé. Dense. Sera réduit pour la mise en bouteille.

*Guyana 18 ans. 45°. Uitvlugt. Vielii 16 ans en Europe en fût de vieil armagnac. Absolument superbe. Epices fortes, petrole, grosse densité.

*Jamaica 12 ans Long Pond. 45°. Grande finesse, fruits rouges.

*Jamaica Hampden. 44°. Nez puissant. Hyper aromatique. Cire. Cacahuète. Huileux, torréfaction. Enorme.

*Jamaica 5 ans. 57°.

*Trinidad 16 ans. 63°. Super équilibre. Alcool parfaitement maitrisé. Menthe fraiche. Poivre. Superbe.

 

Pour terminer, petit détour vers Kill Devil qui propose un Guyana de chez Diamond 11ans. 46°. UN peu déséquilibré sur l’alcool malgré la dilution à 461. Quel contraste avec les forts degrés de la Cie des Indes. Epices douces.

La vente d'alcool est interdite aux mineurs !