Compte rendu du Whisky Live

le 12e Whisky Live c’est déroulé le week-end dernier. J’y étais bien sûr. Pour la huitième fois.
Nouvelle année nouveau lieu, la cité de la Mode à côté de la Gare d’Austerlitz.

Je dois dire une certaine déception après ce salon. Moins de produits, quasi disparition des alcools blancs, labyrinthe où tout était fait pour ne pas trouver le Salon VIP, et vulgarité sans borne du stand Dictador qui avait déguisé ses représentantes en de vulgaires pantin tout de cuir vêtues plus dignes d’un salon de l’auto de province que d’un salon de dégustation de spiritueux.

Au total une soixantaine de produits différents dégustés, peu de coup de cœur, peu de découvertes, des confirmations (en positif et en négatif). Ce n’est pas sur cette dégustation que se feront les prochains choix de gamme du Caveau de Bacchus dans les prochain mois.

Mon avis semble plutôt négatif, mais le Whisky Live reste un passage obligé en France pour tous les amateurs de spiritueux.

Les dégustations:

Mackmyra (Suède)
*Mackmyra Brucks 41,4 %. rond, végétal, finale toastée. Propre et élégant.
*Svensk ek 46,1 % 10 % du distillat est passé en chêne suédois. Pas de filtration. Rond, fuité, poivre blanc. Pas mal du tout.
*Vintage 2004 48,6 % finition en fûts de Tokay et de vin liquoreux ukrainien. Caractère vineux évident. La finition marque beaucoup le whisky. A la fois dense et élégant. Épices. Pointe saline. Une belle réussite
*Barnsten. 49,8 % +-9ans finish en vin de fruit polaire. Astringent, sucré, déséquilibré. Un raté.
*Vintrock 46,1 % finition en fûts de bière. Très légèrement tourbé. Léger. Bof, bof…

Highland Park
J’avais écrit deux trois truc sur cette distillerie dans le dernier numéro de Saison Côté Cave. Il fallait donc que je regoute. Tout ce que j’ai écrit c’est confirmé. Cette distillerie n’est plus du tout ce qu’elle était, victime du marketing et de l’uniformisation des goûts.
*12 ans. 40 %. léger, droit, frais. Sans complexité.
*18 ans 43 %. épicé, rond.
*Origins 46,8 %. assemblage de fûts de 7 à 21 ans. 80 % de first fill sherry oloroso cask. Rond épicé, plus puissant que les précédents. Pointe de bruyère en finale.
A des années lumière des anciens 18 ans. Ou du 1987 de G&M dégusté la semaine dernière.
A éviter donc.

Balvenie.
Gentiment accueilli par Damien que je croise sur le forum de Whisky-distilleries.
J’avais le souvenir de whiskies rond onctueux, plutôt gourmands, l’ai redécouvert cette distillerie au travers de whiskies fins et élégants, vraiment superbes.
*12 ans Single cask 47,8 %. maturation 100 % bourbon. Dense, gourmand, léger, épices douces
*15 ans sherry barrel 47,8 % maturation 100 % sherry. Attaque douce, classique, fruits rouges. Grand équilibre.
*25 ans47,8 % maturation fûts de bourbon. Super classique dans le sens noble du terme. De la rondeur, mais une bouche dense et précise. Bel équilibre.
*21 ans portwood. 40 % Finition 4 mois en fûts de porto. Dommage que le whisky soit réduit à 40 ! cela en fait un produit trop plat.
*Tun 1509 batch 02. 50,3 % (plus de 30 ans de moyenne) Super tendre, fin, équilibré. Très grande longueur. Un très grand whisky.

Jim Beam.
Un tour de ses cuvées « extrêmes »
*Basil Hayden’s 40 % avec 30 % de seigle. Du fruit et des épices douces. Pas mal.
*Baker’s 7 ans 53,5 %. utilisation d’une levure particulière élevée sur place. Un whisky puissant porté sur la vanille.
Booker’s. 63,7 % Déséquilibré sur l’alcool. Asséchant dès la première partie de bouche. Ensuite cuir, encaustique caramel frais. La dilution fait ressortir le côté cireux et boisé.

Buffalo Trace
*Buffalo trace Single barrel #44 sélection LMDW. À la fois léger et onctueux, fruité, doux. Classique.
*Colonel EH Taylor. 50 %. vanillé. Plat. Décevant.
*1792. 46,85 %. élaboré avec 30 % de seigle. Plus volumineux que le précédent. Plus élégant aussi. Intéressant.
*Stagg Jr 66 %. âgé autour de 9 ans. Nez sur le café, la crème anglaise. Bouche chaude. Sur des arômes de torréfaction. Piquante en finale (66 % tout de même). La dilution propose un surplus de vanille. Une bonne introduction au Stagg Sr et à la série des Sazerac.

Au salon VIP
Wilson & Morgan
*Cameronbridge Thirty 1984/2015 55,2 %. Texture légère. Sherry très (trop?) discret. Vanille en finale. Bof, bof.
*Glen Keith 1997/2014 à 46 % Nez fruité, un peu plat. Décevant
*Ben Nevis 1997 trame orange amère bien présente, mais whisky décevant.
La série n’est pas à la hauteur des mises de l’année dernière.

That Boutique-Y Whisky Compagnie
*Highland Park. 46 %. Comme quoi il faut vraiment aller vers les indépendants pour trouver des Highland Park buvables… belle densité avec un nez épicé. Rond et puissant.
*Inchmurrin 54 %. très rond super fruité en finale. Une belle surprise. D’après de gars de TBWC c’est un plus de 25 ans…
*Glen Garioch 50,6 %. fin et élégant. Manifestement un GG d’avant la reprise en main de la distillerie.

Nectar
*Ireland 16 ans 53,5 % Un bushmills. Un fruit explosif. Une longueur florale. Belle texture beurrée presque huileuse.
*Ireland 27 ans 49,5 % Whisky décevant par son côté unilatéral sur la pêche. Un nez expressif, une bouche ronde presque grasse, opulente et pêche emporte tout. Trop.

Silver Seal
*Mortlach 25 ans 52,4 %. Finesse et élégance. Céréale. Une pointe de vanille. Manque un peu d’expressivité. Alcool parfaitement intégré.
*Clynelish 17 ans 1996 à 51,9 %. Un beau Clynelish sur un registre floral et de zeste d’agrumes. Finale saline.
*Benrinnes 30 ans 1984 à 56,6 %. beau fruit. Mais pas mon truc.

LMDW
*Ledaig 10 ans Artist #5 60,4 % Cask900179
De loin le plus beau whisky dégusté au Whisky Live. Nez lardé sherry impressionnant. La bouche est sur les épices douces et le cuir. Un grand fruit avec une grosse matière. Le tout parfaitement équilibré. La finale est cacaotée avec une pointe tourbée végétale.

*Kavalan Peated cask 54 % élevage en fûts de bourbon. Finition en fûts de whisky tourbé.
Bouche sur le bonbon chimique. Arômes végétaux. Matière plutôt légère. Finale intéressante. Longueur moyenne.

*Caol Ila 2005/2015 exclusive G&M/LMDW cask 301543 à 55,9 %. dense goudronneux.
*Caol Ila 2006/2015 exclusive G&M/LMDW cask 306217 à 58,2 %. plus onctueux, plus végétal, réglisse
*Caol Ila 2003/2015 exclusive G&M/LMDW cask 302310 à 59,6 %. le meilleur du lot. Plus gras que les précédents. Le goudron est plus marqué. Il l’emporte en matière et en profondeur. Une tourbe plus végétale qu’aérienne, plus octomore que ardbeg.

Rest and Be Thankful
*Port Charlotte sherry cask 13 ans 64,6 %. Dense et brulant. Belles épices mais manque d’équilibre.
*Octomore bourbon cask 7 ans 65,6 %. Beaucoup plus équilibré que le précédent. Végétal, terreux un vrai beau octomore. La dilution fait encore plus ressortir la tourbe mais sur un registre plus fumé. Superbe.

Irlande
Irish Distillers présentaient quelques nouveautés :
*Green Spot Leoville Barton 46 %. Nez vineux. Pointe de caramel. Une bouche ronde épices, poivre noir, presque tannique. Finale sur le caramel mou au beure salé. Une finition en vin rouge inutile pour un prix trop élevé.

Les Redbreast
*12 ans 40 %. fin élégant fruits rouges. Classique.
*12 ans Cask Strenght 59,9 %. le même registre que le classique mais avec un boisé plus présent.
*15 ans 46 %. une belle fraîcheur fruitée.
*21 ans 46 %. absolument superbe. On retrouve le fruit frais d’anciennes version du 12 ans mais de manière plus explosive. Quel dommage que cela soit hors de prix.

*Midleton Dair Ghaelach 58 %. un Midleton avec une finition en fûts de chêne irlandais (fûts neufs). Super épicé. Tout en rondeur avec un alcool parfaitement maitrisé. Mais il y a trop de bois neuf. La finition emporte tout et efface toute la finesse des Midleton classiques. Une erreur.
*Jameson Caskmates. Une Jameson de la série Gold reserve mais qui a subi une finition de 8 à 10 mois en fûts de bière (une stout). Inutile.
Les rhums
*Bielle 2001/2015 45 % sélection LMDW. Délicat.fuité.
*Silver Seal Enmore 21 ans 55 %. Épices, trop boisé. Finale sur l’amertume. À éviter.
*Silver Seal Enmore 32 ans 1977 64,4 %. Nez pommadé, moins boisé que le précédent. Équilibre supérieur. Complexe. Charpenté.
*Silver Seal Trinidad 24 ans 1991/2015 à 50 %. Gourmand, onctueux. Bouche sur le camphre et le pétrole. Une belle fraicheur en finale qui m’éclipse pas une texture trop liquoreuse.
Une série plutôt décevante.

Clairins avec la présentation du 3e batch.
*Sajous 51 %. fin frais herbacé.
*Vaval 51,1 %. dense épicé pointu. Un ton en dessous du Sajous.
*Casimir 53 %. le nez est moins terreux que le batch 2 mais en même temps plus fruité. La bouche est bien ouverte avec un grand fruit. Mais au final le batch 3 est plus lisse que le 2. presque dommage.

La vente d'alcool est interdite aux mineurs !